Negreira : Florentino Perez veut couler le FC Barcelone
Florentino Pérez chercherait à se servir de l’affaire Negreira pour en finir avec le FC Barcelone, un club qu’il a dans le collimateur et qu’il aimerait voir disparaître du cercle des grandes écuries européennes.
Florentino Perez n'a pas remis un dossier de 500 pages à Aleksander Ceferin par hasard. Le président du Real Madrid est candidat à sa propre réélection. Et dans la campagne madrilène, taper sur le Barça reste l'argument le plus efficace.
Manœuvres de Florentino Perez, un timing qui ne doit rien au hasard
Trois années de travail. C'est, selon AS, le temps qu'aurait nécessité la rédaction du dossier que veut remettre Florentino Perez à l'UEFA. Trois ans. Soit, à peu près, la durée d'un mandat à la tête du Real Madrid.
L'affaire Negreira que veut utiliser le dirigeant madrilène est un scandale visant le FC Barcelone, accusé d'avoir versé près de 7 M€ entre 2001 et 2018 à José María Enríquez Negreira, alors vice-président du comité des arbitres espagnol. La justice enquête pour corruption sportive ; le club nie avoir acheté la moindre décision arbitrale. Florentino Perez croit le Barça coupable et se livre à toutes les initiatives possibles pour faire condamner le club.
Le calendrier de la remise du document n'est pas anodin non plus. Finale de Ligue des champions à Budapest, tribunes pleines de dirigeants européens, Ceferin disponible, caméras de tous les médias dans le couloir. Pour un président qui doit convaincre ses socios qu'il reste un combattant, l'image vaut plus qu'un communiqué. Et le contenu du rapport vise un seul club. Le FC Barcelone, et lui seul.
Trois ans à traquer un rival, vraiment pour le football ?
C'est la question qui dérange jusqu'à Madrid même. Mobiliser des juristes et des analystes pendant trois ans pour produire 500 pages sur les arbitres d'un autre club, ce n'est pas neutre. Ces ressources, le Real aurait pu les consacrer à son propre projet sportif. Mais Perez a choisi le terrain juridique et politique.
Le choix en dit long sur sa lecture du Clasico. Pour le président madrilène, l'adversaire ne se combat pas seulement sur le terrain. Il se combat aussi dans les institutions et dans les couloirs des fédérations.
L'UEFA, juge ou pion ?
Aleksander Ceferin se retrouvera avec un dossier sur les bras qu'il n'a pas demandé. L'affaire Negreira relève de la justice espagnole, qui instruit depuis 2022. L'UEFA n'a aucune obligation de s'en saisir. Mais ignorer un rapport de 500 pages remis publiquement par le président du club le plus titré d'Europe serait politiquement compliqué.
Le Slovène devra trancher. Soit il prend le dossier au sérieux et son instance ouvre une procédure parallèle à la justice espagnole. Soit il le range au fond d'un tiroir, et c'est lui qui s'expose aux critiques du clan madrilène.
Dans les deux cas, c'est Florentino Perez qui aura imposé l'agenda. Pour un président en pleine campagne de réélection, c'est déjà une victoire.